
Une journée avec la Croix Rouge lors d’une compétition de cyclo-cross
À l'occasion des 160 ans de la Croix-Rouge, une équipe de l'association a été suivie pour observer le quotidien de quatre de ses 75 000 bénévoles. Rendez-vous à Mont-sur-Meurthe, lors d'une compétition de cyclo-cross, le 8 décembre 2024.
Photographie d’Emma et Clément, secouristes, 8 décembre 2024
[Photo : Louis Lamoise]
Une fois toute l’équipe réunie sous un temps frais et ensoleillé, Brice, le chef d’intervention, expose le déroulement de la journée et le rôle du poste. En plus d’être les premiers à intervenir, ce sont également les premiers maillons de la chaîne de secours. L’homme de 29 ans prend alors contact avec les organisateurs pour connaître le déroulement de l’événement autour des 150 participants et le parcours de la course. Il apprend que les locaux ne prévoient pas de personnel pour surveiller les coureurs, pouvant soulager l’association d’entraide à ne laisser échapper aucun détail.
À la suite de cette récolte d’information, le chef d’intervention se rend sur le circuit pour identifier les dangers potentiels comme les escaliers ou les planches servant d’obstacle pour la course. L’objectif est de trouver l’emplacement parfait pour « le binôme sur le terrain », devant « être au plus proche de l’action » et d’avoir un contact visuel direct avec le poste de secours où se situe le reste de l’équipe. Au premier abord, le terrain gadoueux est une mauvaise nouvelle pour les secouristes, mais Brice explique que « la boue est plus propice aux chutes, mais elle permet de les amortir ».
« La Croix Rouge c’est une grande famille »
Les quatre secouristes Brice, Emma, Camille et Clément sont des secouristes faisant partie d’une petite unité locale, celle de Dombasle-Saint-Nicolas-Baccarat. Brice précise que cela ne les empêche pas de « couvrir des événements partout en France » dont Strasbourg, Troyes ou encore Paris. Les quatre ont suivi le parcours secourisme à la Croix Rouge. D’autres formations existent également, telles que le parcours social permettant de délivrer des dons alimentaires lors de maraudes et le parcours formation. Pour accéder à ces dernières, il faut au minimum posséder le PSC1. Dans l’objectif de développer leurs compétences, ils possèdent le PSE1 (secourisme) et le PSE2 (brancardage et immobilisation des personnes traumatisées), équivalent des formations des pompiers concernant les secours à la personne. Il existe d’autres formations plus spécifiques. Camille possède celle d’opérateur radio (OPR). Emma précise « toutes les formations sont prises en charge par la Croix Rouge ».
On rêve de faire le Grand Prix de Monaco et les fêtes de Bayonne
Ces secouristes volontaires ont une vie à côté. Brice est gendarme et s’investit dans le volontariat pour « donner son temps pour les autres ». Il se remémore ses meilleurs événements, à Lyon lors de la « fête des lumières ou encore au stade de France » à Paris. Clément, âgé de 18 ans, est en première année de médecine, ce qui l’anime, lui, est « de se rendre utile, c’est l’occasion de montrer ce que je vaux ». Emma et Camille, 20 ans, sont en dernière année d’étude d’infirmière. Elles ont rejoint cette association d’entraide il y a un an et demi pour se rendre utile également. Elles apprécient tout particulièrement « l’ambiance, les rencontres et le secourisme ». Emma témoigne : « La Croix Rouge c’est une grande famille ».
Les deux étudiantes expriment avec joie leur été aux côtés de la Croix Rouge lors des JO durant 5 jours. La première était mobilisée au stade de France pour du rugby à 7, la seconde au VTT et au tir à l’arc « C’était incroyable ! » racontent-elles. Ces dernières sont remplies d’ambitions « On rêve de faire le Grand Prix de Monaco et les fêtes de Bayonne », mais également de devenir formatrice PSC1 pour transmettre leur savoir à la prochaine génération.
Beaucoup d’engagés dans la Croix Rouge œuvrent dans le domaine de la santé et souhaitent prendre de l’expérience. D’autres personnes extérieures peuvent aussi s’engager, comme leur chef de section, qui est professeur de biochimie dans un lycée professionnel.
Malgré quelques craintes, la journée se déroule sans accros pour Emma, Brice, Camille, et Clément. Les quelques réticences des secouristes face aux planches se révèlent véritables, des cyclistes chutent mais aucune intervention n’est à déplorer. Malgré tout, une petite intervention est à signaler pour Clément et Camille, durant le temps de midi, auprès d’une jeune coureuse s’étant trop dépensée lors de la course. Après quelques minutes avec elle, la situation s’améliore, l’équipe la retrouve quelques heures plus tard, tout sourire, coupe à la main. Brice témoigne de sa satisfaction de la journée « la joie et la bonne humeur étaient au rendez-vous aujourd’hui ». Ce poste fût calme sans intervention conséquente, de quoi rassurer tout le monde.