
Les élections américaines, un duel pour accéder à la maison blanche
Le 5 novembre 2024, ce sont 244 millions d’Américains qui ont été appelés à voter pour élire le 47e Président des États-Unis. 5 candidats se sont présentés. Mais, la bataille électorale a eu lieu entre deux d’entre eux : le républicain Donald Trump, et la démocrate Kamala Harris, à la suite du désistement de Joe Biden.
Maison Blanche
Les États-Unis sont la 1re puissance économique et militaire mondiale. En 2020, Joe Biden a brillé grâce à sa stratégie de l’ombre. Cette année, le parti démocrate n’aura pas réussi à conserver le pouvoir, face aux stratégies mises en place par le parti républicain.
Dans la matinée du 6 novembre 2024, les résultats confirmant la victoire de Donald Trump ont été dévoilés par The Associated Press. C’est l'État du Wisconsin qui a permis au Parti Républicain de passer la barre des 270 grands électeurs. Le milliardaire américain remporte 312 Grands Électeurs contre 224 pour la vice-présidente.
Kamala Harris remporte plus de 50% des voix des femmes, à l’inverse de Trump qui conserve le vote des hommes (Edison Research /NEP). La démocrate obtient les voix des 18-29 ans à 55% quant au républicain, il obtient 53% des voix des 45-64 ans.
Une guerre de programme
Les candidats se doivent d’avoir des ambitions qui correspondent aux attentes de la population américaine. Kamala Harris, elle, cible des sujets précis, comme le système d’immigration qui serait « cassé » (Public Sénat) et dont elle trouverait des “solutions fermes mais intelligentes” pour y remédier. La démocrate se présente comme étant la future présidente des classes moyennes. Elle affirme vouloir faire disparaître les pénuries de logements aux États-Unis, et renforcer la protection des américains avec un système de sécurité sociale et d’assurance-maladie. Elle qualifie le programme de son rival d’ultra conservateur, et dont l’objectif est de « ramener notre pays des années en arrière » (FranceInfo) comme le rappelle son slogan Make America Great Again.
Donald Trump, quant à lui, maintient un avis bien précis sur l’immigration. Il affirme vouloir reprendre et terminer la construction du mur qui sépare les États-Unis et le Mexique. Tout en assurant un contrôle drastique des frontières et des « opérations d’expulsions » qui visent les migrants clandestins. Côté pouvoir d’achat, le républicain souhaite taxer de 10 à 20 % les importations, pouvant même atteindre 60% pour les produits en provenance de Chine. Quant à l’environnement, Donald Trump a mis en avant à de nombreuses reprises son comportement climatosceptique, « ça finira par se refroidir » dit-il afin de minimiser le problème lié au réchauffement climatique. À travers cet état d’esprit, il souhaite sortir des accords de Paris (traité international qui engage les États signataires pour l’adaptation et l’atténuation du changement climatique) tandis que Joe Biden l’avait rétabli en 2021. Le milliardaire affirme qu’il va lever les restrictions sur les productions de pétrole, de gaz et de charbon.
Un autre sujet important est le droit à l'avortement. Pour rappel, l'arrêt Roe V.Wade, donnant accès à ce droit, a été annulé en juin 2022 par la Cour Suprême. Là encore, 2 visions différentes, d'un côté la démocrate affirme une réintroduction tandis que du côté républicain, l'idée est de laisser la décision aux États.
Des stratégies qui s’opposent
Les écarts de sondage se sont radicalement réduits depuis l’arrivée de la vice-présidente dans l’élection. Les états pivots (swing states), au nombre de 7, sont les états clé de l'élection. Ils sont ceux qui ont le plus de grands électeurs et aucune majorité claire n'est présente. On peut y retrouver le Michigan, l'Arizona ou encore le Nevada. Pour obtenir le plus de voix, la stratégie de Donald Trump renvoie à une approche qualifiée de « splash » (équivalent « d'éclaboussement » en français), il ne se rend pas dans les états pivots, mais défend l’idée qu’il peut réussir à obtenir le vote populaire, méthode qui, depuis l’élection de George.W Bush en 2004 n’a jamais fonctionné pour le parti républicain. Du côté démocrate, la stratégie est différente, puisqu’en dehors du Texas et de Houston, Kamala Harris se rend dans les swing states pour les convaincre de voter pour elle.
Si la démocrate est restée assez flou dans sa manière de prévoir l’avenir des États-Unis, le républicain, lui, n’a pas hésité à se montrer très franc sur ses ambitions pour le pays (fin du droit du sol, droit de douane, baisse de l’aide à l’Ukraine…). Tandis que Harris se concentrait principalement sur des attaques visant à réduire Donald Trump, lui en a profité pour étendre son influence et obtenir des voix.

Les célébrités, une bonne publicité ?
En plus des fonds monétaires, la notoriété d’ordre public peut également permettre une meilleure image du candidat. Lors des meetings présidentielles ou sur les réseaux sociaux, beaucoup de célébrités montrent volontairement leur soutien envers Kamala Harris comme les chanteurs Eminem, Taylor Swift, ou encore l’acteur Arnold Schwarzenegger, s’affichant volontairement avec l’étiquette « I voted » tout en invitant à voter pour le parti démocrate. La vice-présidente actuelle a même pu compter sur le soutien de l'ancien président Barack Obama. Le 44e président des États-Unis a pris la parole lors de la convention démocrate de Chicago en affirmant que Kamala Harris « est prête à devenir présidente ».
Trump a, lui, mené une stratégie d’envergure, en utilisant un pilier du complot. Puisque c’est Elon Musk, l’homme le plus riche du monde qui soutient et finance une partie de sa campagne. Le républicain a pour but d’étendre son pouvoir au maximum, et pour cela quoi de mieux que l’homme qui possède l’un des réseaux social les plus utilisé du monde.
Beaucoup pense que l’échec de Harris serait dû à une arrivée trop tardive au sein de la campagne, ce qui n’a pas laissé assez de temps à la population pour s’identifier à elle et à ce qu’elle projetait de faire. La stratégie de Donald Trump a été la meilleure car il remporte les 7 swings states. Sa cérémonie d’investiture aura lieu le 20 janvier 2025. Le 47e président des États-Unis pourra s’appuyer sur le Sénat ainsi que la Chambre des Républicains revenus également aux mains des républicains.
Valentine SERRANO-ROLAND