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L’éco-anxiété, ce fléau qui ronge (surtout) les jeunes
En 2025, les 18 à 35 ans sont les plus touchés par l’éco-anxiété, selon une étude de l'ADEME. Ce phénomène psychique provoqué par les menaces environnementales, traduit l’effet psychologique du réchauffement climatique sur les sociétés.
L’éco-anxiété est une réaction en corrélation au sentiment d’une réponse inadéquate du gouvernement face aux enjeux climatiques. Comme évoqué par Alice Desbiolles dans son livre L'éco-anxiété : Vivre sereinement dans un monde abîmé : « On ne naît pas éco-anxieux, on le devient. » C’est assurément un sentiment réel et légitime de peur, d’inquiétude et de stress que les spécialistes s’accordent à qualifier cette anxiété d’une « réponse saine » à des préoccupations environnementales. Ce n’est pas une maladie, en dépit de ce que certains climatosceptiques estiment.
Pourquoi les jeunes sont-ils en première ligne ?
Selon l’échelle de l’ADEME, l’éco-anxiété traverse de nombreuses classes d’âge, à différentes mesures, de l’éco-soucieux à l’éco-terrifié. Elle frappe cependant plus durement les jeunes. Plusieurs facteurs expliquent cette vulnérabilité tel qu’une exposition constante aux informations alarmantes sur le changement climatique, amplifiée par les réseaux sociaux. Une sensibilisation écologique intégrée souvent dès l’école primaire, à la différence des anciens. Un développement psychique et émotionnel encore en cours, rendant les jeunes plus perméables aux angoisses.
Une étude de 2021 de la revue The Lancet Planetary Health, confirme l’ampleur du phénomène. Sur 10 000 jeunes de 16 à 25 ans, dans dix pays, 70 % se déclarent très inquiets face au changement climatique. Un chiffre qui s’élève plus haut en moyenne dans les pays du Sud, où les impacts du dérèglement climatique se font déjà cruellement sentir.
Des conséquences tangibles sur le quotidien
Ce désarroi n’est pas à prendre à la légère, il a de réels impacts sur la vie des personnes touchées. L’éco-anxiété s’invite dans la vie sociale, altère les relations familiales, amicales et pèse sur les résultats scolaires. En témoigne Péryne Schneider, étudiante à l’université de Lorraine, « chaque achat vestimentaire devient une source d’angoisse et de culpabilisation ». Dans les cas les plus sévères, ceux que l’on appelle les « éco-terrifiés », ce trouble peut mener à l'isolement, à l’impossibilité de gérer les angoisses, voire à des idées noires.
Chaque achat vestimentaire devient une source d’angoisse et de culpabilisation
L’éco-anxiété teint la vision du monde des jeunes. 74% sont pessimistes à l’égard du changement climatique, toujours selon l’ADEME. L’éco-anxiété est un mal du siècle qui touche les jeunes, mais aussi le signe d’une conscience éveillée