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Le spécisme : un concept qui questionne notre rapport aux animaux


Concept théorisé dans les années 1970 par le philosophe australien Peter Singer, le spécisme s’impose aujourd’hui dans les débats publics. Il interroge les pratiques humaines envers les animaux, de l’alimentation à l’expérimentation scientifique.



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Photo d'un veau

Longtemps réservé aux milieux philosophiques et militants, le terme apparaît désormais plus fréquemment dans les médias et dans les discussions du quotidien, notamment chez les jeunes. À mesure que les questions environnementales et éthiques prennent de l’ampleur, nombreux s’interrogent sur leur rapport au vivant. Le spécisme devient un concept-clé pour repenser la place des animaux dans nos sociétés.

Il repose sur l’idée que les humains accordent davantage de valeur à leur propre espèce. Pour les penseurs antispécistes, cette hiérarchie est comparable à d’autres formes de discrimination. Dans son ouvrage Animal Liberation, Peter Singer affirme que la capacité à ressentir la souffrance devrait primer sur l’appartenance à une espèce. Une réflexion qui met en lumière certaines contradictions, comme le fait de considérer certains animaux comme des compagnons, et d’autres comme des ressources.

Aujourd’hui, ces idées se traduisent aussi par des mobilisations concrètes. Des associations comme PETA France dénoncent régulièrement les pratiques qu’elles jugent spécistes, à travers des campagnes de sensibilisation ou des actions militantes.

Des étudiants au cœur du débat

Chez les étudiants, ces questions prennent une dimension très concrète. Zélie, contractuelle dans la fonction publique territoriale, témoigne : « Être végétarien reste un marqueur social assez fort. » Si ce mode de vie s’est démocratisé, il continue de susciter des réactions. « Ça laisse rarement indifférent, certains jugent, d’autres culpabilisent », explique-t-elle. Elle confie d’ailleurs avoir longtemps hésité à assumer son choix alimentaire alors qu’elle était encore étudiante.

Pour autant, elle refuse de réduire la question à une simple responsabilité individuelle. « Les causes de l’exploitation animale sont structurelles », souligne-t-elle. Selon elle, lutter contre le spécisme ne passe pas uniquement par l’alimentation, mais aussi par des engagements collectifs.

Entre habitudes et prise de conscience

Du côté des étudiants non végétariens, le rapport à la viande apparaît souvent plus nuancé. Simon, étudiant en école de commerce, reconnaît consommer des produits d’origine animale « quasi quotidiennement », davantage par habitude que par conviction. « J’essaie d’en manger de moins en moins, mais j’ai du mal à trouver des alternatives convaincantes », explique-t-il.

S’il n’avait jamais entendu parler du spécisme, il admet toutefois être sensible à certaines images diffusées par des associations comme L214 : « On ne peut qu’être choqué par la façon dont les animaux sont traités. »

Comme beaucoup, il établit aussi une distinction entre les animaux : « Il est admis qu’on ne mange pas des animaux domestiques contrairement aux animaux d’élevage. » Une hiérarchie qui illustre, sans toujours être nommée, une forme de pensée spéciste.

On ne peut qu’être choqué par la façon dont les animaux sont traités.​

Simon, étudiant en école de commerce

Des positions encore contrastées

Sur les campus, ces réflexions témoignent d’une évolution plus large. Entre convictions personnelles, contraintes économiques et héritages culturels, les positions restent variées. Certains adoptent des régimes végétariens ou végans, d’autres préfèrent simplement réduire leur consommation. 

Une chose est sûre : le spécisme s’impose progressivement comme un sujet de société majeur, notamment auprès des jeunes générations, qui participent activement à faire évoluer les débats autour de notre rapport au vivant.

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Morgane GLUSZKOWSKI

7 avril 2026