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JO d'hiver 2026 : La France excelle en biathlon, mais à quel prix ?

Le biathlon a hissé la France à la 6e position du classement des médailles des Jeux olympiques d’hiver 2026 de Milan-Cortina. Un succès sans équivoque, qui interroge sur l’avenir de cette discipline en France face aux enjeux écologiques et au nombre de licenciés.


Emilien Jacquelin, tout sourire, hissant le drapeau français au sommet des Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026. [ Vianney Thibaut/Nordic Focus ]


À l’instar des performances de Léon Marchand lors des Jeux olympiques 2024, la France s’est cherché son « chouchou ». En passant par Mathis Desloges et ses trois médailles de bronze en ski de fond, l’Hexagone s’est finalement rabattu non pas sur un athlète, mais sur une discipline : le biathlon.

Un sport où la France excelle depuis de nombreuses années, en témoignent les six titres de champion olympique et les sept globes de cristal consécutifs du « patron du biathlon », Martin Fourcade. Cet héritage « fourcadien » a trouvé preneur avec Quentin Fillon Maillet, désormais détenteur de neuf médailles olympiques. Le natif de Champagnole, dans le Jura, est devenu le Français le plus titré de l’histoire des Jeux olympiques, été et hiver confondus.

Longtemps dépendante d’un leader unique, la France du biathlon est désormais une armada. Là où Martin Fourcade portait presque à lui seul les espoirs tricolores, la génération actuelle multiplie les podiums, hommes et femmes confondus.

Dès l’entame de ces JO, la France a surclassé l’ensemble des autres nations, avec trois succès en autant de sprints (féminin, masculin et mixte). Les Françaises se sont par ailleurs offert un doublé lors de l’individuel grâce à Julia Simon et Lou Jeanmonnot. Exploit réédité à l’occasion de la mass start féminine, remportée par Océane Michelon devant Julia Simon.

De l’autre côté, les hommes ont enregistré quatre médailles en quatre courses, dont un titre glané par Quentin Fillon Maillet en sprint. Lors de cette quinzaine, la France a obtenu treize médailles en onze courses, contribuant grandement aux vingt-trois médailles toutes compétitions confondues décrochées.

Mais la nation s’est aussi découvert un « héros des temps modernes », un biathlète qui fonce tête baissée, qui a tout à perdre dans le dernier tour, Émilien Jacquelin. Un sportif se battant corps et âme pour décrocher le sacre, cherchant coûte que coûte à aller le plus vite possible au tir. Un exercice où il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. En témoignent ses quatre fautes directes en cinq tirs lors du premier debout, anéantissant ses espoirs de médaille.

Après ces Jeux olympiques, la Coupe du monde reprendra ses droits en Finlande, à Kontiolahti, début mars. Un classement dominé par deux Français : Lou Jeanmonnot chez les femmes et Éric Perrot chez les hommes. Comme un symbole, c’est Lou Jeanmonnot, aux côtés de Mathis Desloges, qui a hissé le drapeau tricolore au sommet lors de la cérémonie de clôture de cette 25e édition des Jeux olympiques d’hiver. Le biathlon n’est plus un sport de niche, il est devenu le nouveau visage des hivers français.

Une discipline qui nécessite une importante consommation énergétique

Des résultats qui peuvent donner naissance à des vocations chez de futurs biathlètes. Selon une étude publique, la Fédération française de ski (FFS) comptait 350 licenciés en compétition et autour de 5 000 pratiquants en 2014. En 2020, ils étaient 750 licenciés en compétition et 20 000 pratiquants à travers la France. Un chiffre en constante progression, bien loin toutefois des 48 000 licenciés en ski alpin et des 10 millions de touristes dans les stations françaises.

Bien que la discipline s’exporte sur l’ensemble des domaines skiables, le département de Meurthe-et-Moselle ne possède aucun club de biathlon affilié à la Fédération française de ski (FFS), malgré les 900 clubs présents en France. Dans un contexte de raréfaction de l’enneigement naturel, le développement du biathlon repose désormais sur des infrastructures modernes et des pistes enneigées artificiellement. Un défi économique pour les territoires qui souhaitent s’inscrire dans la dynamique actuelle. Pourtant, non loin de là, les Vosges assurent la possibilité de pratiquer ce sport, notamment sur le site de La Bresse.

Un autre enjeu majeur émerge : celui de la protection environnementale. Une seule journée en station de ski représente en moyenne près de 49 kg de CO₂ émis par personne. Le transport constitue la principale source de pollution (52 %), suivi de l’hébergement (21 %), des équipements (16 %), de l’alimentation (8 %) et du fonctionnement du domaine skiable (3 %).

Une empreinte carbone qui n’est pas sans conséquence sur la biodiversité et la préservation des écosystèmes montagnards. À cela s’ajoute la baisse progressive de l’enneigement naturel. La qualité de la neige se dégrade, contraignant les stations à recourir davantage à la neige artificielle, particulièrement gourmande en eau. Une ressource qui, elle aussi, tend à se raréfier.

Lors de la candidature, les entreprises exigent des expériences professionnelles préalable dans le domaine visé. Pourtant, Charlotte et Marine assurent que comme elles, peu sont ceux à avoir eu l’opportunité d’en avoir. Pour Marine, contrainte d’arrêter ses études, s’ajoute « la difficulté de trouver un emploi », n’ayant toujours pas d’expérience professionnelle, faute d’alternance.

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Paulo SCALVINONI

09 mars 2026