Engagement universitaire : au coeur des organisations de représentation étudiante de Lorraine
À l’approche des élections universitaires du 1er avril 2025, Paul Dognin, responsable du syndicat l’UNI Lorraine, et Flora Calipari accompagnée d’Armand Fleurot, présidente et vice-président de Fédélor, mettent en lumière leur différente conception de l’engagement universitaire.

De Lisa SEILER, manifestation de la fonction publique, Nancy, le 5 décembre 2024
La Lorraine héberge diverses organisations spécialisées dans la défense des droits et convictions des étudiant·es. Parfois émancipées de toute appartenance politique, comme s’en revendique Fédélor contrairement à l’UNI alignée à droite, elles prônent différentes façons d’agir et de s’engager pour les étudiants lorrains au sein des ORE (organisation de représentation étudiante).
Un engagement pour les étudiants, mais pas seulement
A l’UNI Lorraine, il s’agit autant d’acquérir de nouvelles aides pour les étudiants que de défendre leur conviction politique. « Il y a deux types de membres : ceux qui sont là pour parler politique, ou même parler de leurs convictions et besoins en tant qu'étudiant, et il y a ceux qui sont plus militants » explique le responsable. « On souhaite convaincre les étudiants d'adhérer à notre association, et de porter leur voix au sein des différents conseils pendant les élections » ajoute-t-il. Obtenir des sièges aux conseils universitaires est un objectif crucial pour le syndicat. Plusieurs mesures sont proposées, allant du ticket restaurant étudiant pour ceux qui n’ont pas de Resto U’ aux alentours, jusqu’à la mise en place de banques de stage. Il insiste également sur le manque de logements CROUS dans les villes universitaires de Lorraine, ou les métropoles (Epinal, Saint-Dié-des-Vosges, Thionville).
Au-delà de représenter la voix des étudiants au sein des conseils universitaires, Paul Dognin explique mettre en avant la droite étudiante en globalité. En témoignent les événements organisés par le syndicat, comme la conférence réalisée avec l’historien Eric Anceau, au sujet de ses travaux sur Napoléon III et la laïcité, ou leurs apéros-rencontres avec des anciens membres de l’UNI. Malgré ses prises de position politiques sans lien direct avec la vie universitaire, l’organisation ne se reconnaît dans aucun parti. En prenant soin d’enlever sa casquette de responsable de l’UNI Lorraine, Paul Dognin exprime sa répulsion envers les partis politiques. Membres de longue date du groupe Les Républicains, il souligne son dégoût lié aux prises de position d’Éric Ciotti pendant les élections législatives de 2024. Cependant, les membres de l’UNI Lorraine peuvent librement appartenir à un parti politique : « À Metz, ils sont plus proches du Rassemblement National. Après, ils acceptent tout le monde, il y a des militants Les Républicains et Union des droites de la République » dit-il. Raison pour laquelle il tient à ce que l’organisation ne se réclame d’aucun parti.
“ Notre parti politique, c’est celui des étudiants de l’Université de Lorraine ”
« On produit réellement des choses sur le territoire et on ne s’occupe pas de porter des positions ou des valeurs » explique Armand Fleurot, vice-président de Fédélor. La fédération se différencie du fonctionnement et des valeurs syndicales. Elle regroupe un ensemble d'associations et d'élus étudiants de Lorraine, sans se placer d’un côté ou de l’autre de l’échiquier politique indique Armand Fleurot : « On est apartisans, mais notre parti politique, c’est celui des étudiants de l’Université de Lorraine ». Un aspect essentiel pour les deux représentants, qui les ont poussés à s’engager « Je ne vois aucun intérêt à avoir les convictions d’un parti politique ou d’un autre car un étudiant qui a un trou dans son plafond, qu’il soit de gauche ou de droite, il aura froid pareil que les autres » explique le vice-président.
Membres de la Fage (Fédération des Associations Générales Etudiantes), Fédélor reste indépendante et n’est pas obligée de s’aligner à une politique à suivre pour l’ensemble du territoire national, bien qu’elle puisse donner des idées. Les deux représentants insistent sur l’importance de privilégier les problématiques étudiantes spécifiques aux différents territoires de Lorraine, notamment au sein des conseils universitaires : « On ne généralise surtout pas, on ne fait pas quelque chose qui est national. Même nous en Lorraine on spécifie pour chaque endroit. » souligne Armand Fleurot. « Quand on construit nos listes, on cherche à savoir quelles sont les meilleures conditions partout pour pouvoir porter les positions les plus adéquates possibles » ajoute la présidente. Ils mentionnent néanmoins certaines problématiques qui perdurent comme les manques de financement pour certaines structures universitaires, et les frais d’inscriptions parfois élevés.
L’engagement de la fédération en dehors des conseils universitaires passe par leurs actions solidaires et festives. Parmi les événements mis en place par l’organisation, on compte le REC (tremplin musical étudiant) et les Nocturnes Etudiantes, en plus des dispositifs d’aides aux étudiants comme les épiceries solidaires Agoraés, qui permettent aux étudiants en situation de précarité d’acheter des produits hygiéniques et alimentaires à 10% des prix du marché. Armand Fleurot insiste sur la nécessité pour la fédération, de passer par le loisir des étudiants pour améliorer leur vie universitaire « Ce qui me tient vraiment à cœur, c’est que les études restent des moments de vie agréables. »